Condition de vie des femmes en détention (rapport)


 

LES CONDITIONS DE VIE DES FEMMES EN DETENTION

Le principal texte juridique règlementant le fonctionnement des Etablissements pénitentiaires en république centrafricaine est le Décret N°62/197 du 11 septembre 1962

Les conditions de détention en Centrafrique  ne correspondent pas aux standards internationaux. Ils y a des déficiences graves en ce qui concerne –l’alimentation – l’hygiène – les soins de santé et le traitement des détenus. Le budget alimentaire et inconsistant et largement insuffisant ; les dortoirs sont infestés de vermine ; il n’existe pas de prise en charge médicale et les détenus sont exploités lors des corvées payantes.  En dehors de Ngaraba et Bimbo, et les 4 nouvelles prisons pour femmes (Sibut – kagabandoro – Bouar – Bossangoa) presque tous les établissements pénitentiaires  sont dans un état de délabrement avancé ou même en ruine,  ayant été construits pendant la période coloniale et ne sont plus fonctionnels.

En ce qui concerne la situation des femmes en détention, leur taux d’incarcération va de plus en plus croissant. Ceci est dû à la criminalisation des pratiques de charlatanisme et de sorcellerie.

La situation de femmes en détention est très critique. De par leur nature, elles sont plus vulnérables face aux  mauvaises conditions du milieu carcéral.  Elles ont des problèmes spécifiques qui ne sont pas pris en compte par les autorités administratives ni lors de la construction des locaux, ni dans la gestion quotidienne des maisons d‘arrêt.

1       – LE TAUX D’INCARCERATION DES FEMMES EST TRES ELEVE 

Ces dernières années, nous avons assisté au phénomène de lynchage populaire des personnes   accusées  de pratiques de charlatanisme et de sorcellerie (PCS). Ce sont généralement des femmes. Ces femmes sont dans 80 % du 3è âge. Elles proviennent  d’une couche sociale pauvre et la plus part du temps,  ne  disposent plus d’une famille et sont tout simplement abandonnée à elle. Elles sont officieusement en détention protective, car leur cas relève plus du social que du juridique.  Comme les inculpations liées aux PCS sont croissantes, la population carcérale devient de plus en plus âgée. Et ceci emmène d’autres cas ;

  • Vu leur condition physique, elles ne peuvent effectuer des corvées payantes et sont entièrement dépendantes des services fournis par l’Administration pénitentiaires, notamment en ce qui concernent leur alimentation et les produits de première nécessité.
  • Elles sont stigmatisées par leur communauté d’origine. Une fois libérées, elles n’ont plus où aller. On les voit mendier dans les rues des villes sans aucune aide ou assistance quelconque.

LES PRISONS DEVIENNENT LES ASILES POUR PERSONNES DU 3è AGE

 

2       – LE PERSONNEL EST  EXCLUSIVEMENT MASCULIN

Le décret 62/197du 11 septembre 1962, dans son article 48,  dispose que « le quartier occupé par les femmes ne peut être surveillé que par des personnes de leur sexe ; en cas d’impossibilité ou du faible nombre habituel  des détenues, la surveillante est remplacée par la femme du gardien ou une autre personne agrée par le régisseur. Sauf circonstance exceptionnelles dont il est rendu compte, le Régisseur, le gardien-chef de l’Etablissement ont seul le droit d’entrer dans les quartiers de femmes », or les détenues sont encore en ce jour surveillées par les hommes, de surcroit des militaires.

L’article 25 dispose que les détenus doivent être fouillés dès leur entrée, après chaque sortie et pendant la détention aussi souvent que le gardien le jugera nécessaire. Or à l’heure actuelle et depuis toujours, ce sont les militaires de la Garde républicaine qui jouent ce rôle et aucune femme militaire ne fait partie de la garde affectée auprès des prisons.

FOUILLE AU CORPS – MANQUE D’INTIMITE – VIOLATION DE L’INTIMITE – VIOLENCE – VIOL

Certes, quelques régisseurs femmeset gardiennes civiles ont été recrutées et  intégrées  à l’administration pénitentiaire. Elles sont en poste à Kaga-bandoro, Sibut, Bossangoa, Bouar. Le nombre est insuffisant.

Nombre de prisons pour femmes : 05

Combien sont effectivement fonctionnelles ?

3       – LES PROBLEMES SPECIFIQUES DE SANTE 

Sauf à BIMBO et dans quelques prisons, il n’ya pas d’eau courante et celle qu’on  trouve n’est pas potable pour l’ensemble des besoins : boire, hygiène corporelle, cuisson, lessive,  etc…(Elles ne prennent pas de douche quotidienne ; l’absence d’installations sanitaires, (dans certaines prisons on fait les besoins en plein air), l’absence des articles d’hygiène –savon – brosses à dent – serviettes…) et surtout des serviettes hygiéniques. Les  problèmes gynécologiques sont récurrents : infections à répétitions, les mycoses vaginales. Le décret 62/197 prévoit le port de l’uniforme. L’AP ne remet ni les vêtements ni le savon. Si certains besoins médicaux des femmes sont pris en considération, l’accès au service des spécialistes femme  est à leur propre charge. Les vêtements portés sont toujours sales et déchirés.

PERTES VAGINALES – MYCOSES VAGINALES – PAS DE PRODUITS NI SERVIETTES HYGIENIQUES.

L’insalubrité des lieux (puces, punaises, rats, cafards…) constitue un environnement propice à de maladies telles que la gale et d’autres infections cutanées, la tuberculose, les hépatites.

4       – ABSENCE DE STRUCTURES POUR LES FEMMES ALLAITANTES ET LES ENFANTS

Les prisons ne sont pas adaptées aux exigences des femmes enceintes ou celles accompagnées  d’enfants. Les femmes enceintes ne peuvent pas être correctement suivies en prison. Elles accouchent toutes à l’extérieur de la prison. Les femmes ont le droit de garder leurs enfants et leurs bébés avec elles jusqu’à l’âge de 7 ans, bien que l’article 48 du Décret 62/197 prévoit un âge maximal de 4 ans seulement. Aucune installation n’est prévue pour les jeunes enfants, ni les jouets, ni une alimentation adaptée.

PAS DE SALLE ADAPTEE – PAS D’ESPACE DE JEUX POUR LES ENFANTS  – PAS DE STRUCTURE SANITAIRE, NI VETEMENTS,  NI NOURRITURE ADAPTEE A LEUR AGE ;

 

5       – PROMISCUITE

A l’exception des prisons pour femmes, les détenues ne sont logées séparément des hommes que dans la mesure du possible. S’ils ont les cellules séparées, hommes et femmes partagent les mêmes installations sanitaires et la cour. Le corolaire de cette situation est qu’elles sont exposées aux violences tant du personnel que des autres détenus mâles. De nombreux abus sont signalés.

PAS D’INTIMITE – VIOL –

 

6       – PAS DE TRAVAIL ORGANISE

L’Administration Pénitentiaire offre des possibilités aux détenus d’effectuer des corvées et des détachements hors de la prison. Ces corvées payantes leur permettent de gagner un peu d’argent afin de pouvoir subvenir à leurs besoins alimentaires et autres. Ceci est du domaine des hommes. Il n’est pas facile de placer une femme pour un travail à l’extérieur.

IMPOSSIBILITE D’AVOIR L’ARGENT DE POCHE

 

7       – PAS DE PREPARATIFS EN VUE DE LA SORTIE

Aucun  programme de formation professionnel n’est prévu pour la sortie.

C’est à ce niveau que la FADEC intervient.

A la Maison d’arrêt de BIMBO, nous avons depuis un an, instauré un mécanisme d’aide pour leur faciliter la transition entre la prison et le monde extérieur. Nous avons mis sur pied un projet de réinsertion socio professionnelle des détenues de la maison d’arrêt de BIMBO avec l’aide de nos partenaires.

  1. a.     Formation en prison

i.      Alphabétisation fonctionnelle

ii.      Programme de formation professionnelle et d’orientation

iii.      Formation aux métiers de saponification, petite pâtisserie etc…

iv.      Création et gestion des AGR Activités génératrice de revenus.

 

  1. b.    Programme de loisirs

i.      La FADEC a mis sur pied un atelier culturel à BIMBO avec projection cinématographique chaque semaine et mise à disposition des jeux de société.

 

  1. c.      Réinsertion professionnelle post carcérale

i.      Création des projets

ii.      Octroie des micro crédits
iii.      Suivi et conseils

SORTIR LES DETENUS DE L’ISOLEMENT – MAINTENIR LE CONTACT AVEC LE MONDE EXTERIEUR

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