QUEL AVENIR POUR LES VEUVES RETOURNÉES DE L’EXTREME NORD


 

Depuis les années 2016, on assiste à un retour massif des populations déplacées vers leurs régions d’origine. D’après les études menées, 31% rentent pour rechercher la terre cultivable tandis que 37 % rentre pour sécuriser leurs biens (terre) dans leur département d’origine. Le département de Mayo Sava (Kolofata et Mora) compte 30.497 retournés internes ; le département de Mayo Tsanaga (Mozogo et Mokolo) enregistre 29754 retournés. Les femmes qui constituent la grande majorité de la population n’ont pas accès à la terre. Particulièrement celle qui a perdu son conjoint et la femme seule chef de famille. En effet la méconnaissance du droit de la famille et les pesanteurs culturelles assimilent  la femme à une irresponsable. La non applicabilité du Code de la Famille et de l’Enfant rend difficile la restitution des biens aux veuves et en particuliers à celles dont les maris sont portés disparus. Ceci est une réalité alarmante dans la mesure où l’analphabétisme et les normes culturelles empêchent toute action judiciaire. La filiation patrilinéaire finie par faire perdre tout espoir de concession, car il n’existe pas de lois successorales en ce qui concerne les femmes dans le système de protection traditionnel en Afrique. Particulièrement dans cet espace culturel, les veuves ne bénéficient d’aucune protection de la part de leurs belles-familles ni de la communauté.

Les veuves en général et particulièrement celles des jeunes islamistes vivent dans une quadruple terreur : – elles sont considérées dans le communautés comme porteuses du gêne de la division de par les activités de leurs défunts maris ; – elles portent en elles les stigmates des attentats et des souffrances des familles éprouvées ; – éléments perturbateurs pour avoir commis le crime d’avoir perdu leurs conjoints, elles représentent la mort et la désolation et sont mises au banc de la société et très souvent frappée d’ostracisme ; – elles sont victimes d’expropriation de toute sorte, de persécution, d’intimidation de la part de la belle-famille et des voisins, d’exploitation et vivent de mendicité pour la survie de leur progéniture, d’abandon des institutions et de leurs propres familles. Cette crise humanitaire a renforcé la vulnérabilité de la femme en général et celle des enfants. Les associations de femmes enregistrent régulièrement les cas de femmes chassées de laurs familles. les IDP’s femmes retournées ont du mal à se trouver une place dans leurs communautés d’origine.

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