Éducation des jeunes talibés à la culture de la paix au Cameroun


 

les jeunes talibés cultivent l’intolérance religieuse qui est très préjudiciable à une cohésion sociale

L’influence du Maitre coranique sur l’avenir des enfants est telle que l’Etat camerounais gagnerait à encadrer davantage cette forme d’éducation. Il importe aussi de relever que certains Maitres coraniques et même certains parents, les dissuadent d’aller à l’école « occidentale » car ils la trouvent incompatibles avec leurs valeurs religieuses. En effet, les jeunes confiés aux maitres coraniques sont entièrement dévoués à la cause religieuse, étant donné qu’ils n’ont aucune connaissance du monde extérieur. Parmi eux, nombreux sont ceux qui ne vont pas à l’école occidentale, ce qui limite en réalité leur sens de compréhension de l’interculturalité, mieux de la tolérance religieuse.

L’harmonie sociale qui jadis faisait la fierté de cette région est mise à mal.  La cohabitation est devenue problématique et cela affecte le développement total de la région. Ces défis, essentiellement sécuritaires combinés aux effets du changement climatique et à la pauvreté ambiante que connait la région constituent une menace majeure à la stabilité de la région, voire celle du pays entier.

Voltaire a dit : « le travail éloigne de nous trois grands maux : le vice, l’ennui et le besoin et le vice ». Cela est d’actualité plus que jamais. Nous percevons la radicalisation des jeunes comme une sorte de compensation sociale et affective dû à une forme de frustration économique, sociale et politique. La cohésion sociale passe impérativement par une stabilité économique et un équilibre personnel.

Afin de relancer l’économie dans la région et de détourner l’intérêt des jeunes des groupes armées qui les appâtent avec des sommes dérisoires, il serait judicieux de développer l’esprit d’initiative, de renforcer leurs capacités et de leur faciliter l’accès aux services financiers. Il serait impératif de réduire leur précarité économique par une incitation à l’esprit d’initiative et à l’autonomisation. S’il est vrai que diverses initiatives (appui au développement local et à l’entreprenariat des jeunes) sont prises par le Gouvernement à l’effet de limiter l’enrôlement des jeunes dans la secte islamiste BOKO HARAM, il est indiqué de souligner que ces actions ne ciblent pas de manière spécifique les jeunes talibés particulièrement vulnérables. Ceux-ci sont complètement ignorés des pouvoir publics et la non prise en compte de leur spécificité contribue grandement à les maintenir dans la précarité. Cela constitue surtout un danger permanent pour une harmonie sociale tant recherchée.

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